Espace adhrent
Rester connecté
Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises
Page d'accueil > Analyses et prévisions > Veille documentaire

Veille documentaire

Etudes, rapports, sites web : la sélection de la semaine

La Documentation propose aux adhérents chaque mardi un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la Documentation le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur de...

    France : pas d’équilibre financier pour le système de retraites avant 2040 (COR)

    Evolutions et perspectives des retraites en France - Rapport annuel du COR juin 2017

    21/06/2017

    Le Conseil d’orientation des retraites révise à la hausse ses prévisions de déficit pour l’ensemble du système de retraite en France. Le retour à l'équilibre financier serait repoussé d'au moins quinze ans par rapport au rapport 2016, à 2040 dans le meilleur des cas.

    Rapport COR 2017.

    Pour évaluer les besoins de financement des retraites à horizon 2070, le COR s’appuie sur les nouvelles projections démographiques et de population active de l’Insee ainsi que sur des hypothèses économiques actualisées.

    Les hypothèses de croissance sont révisées en baisse et celles de taux de chômage en hausse jusqu’en 2032. Au delà, l’économie converge vers sa tendance de long terme. Le COR examine 4 scénarios caractérisés par une croissance plus moins soutenue de la productivité (1%, 1,3%, 1,5%, 1,8%) d’ici 2032.

    • A législation inchangée, le système de retraites français resterait déficitaire jusqu'en 2040. A l'horizon 2021, le déficit de l'ensemble des régimes, quel que soit le scénario, représenterait 0,4% du PIB (près de 9 milliards d'euros), soit le double du déficit envisagé dans l'édition 2016.

    • Un retour à l'équilibre est prévu au début des années 2040 dans le scénario le plus favorable (1,8%). Avec un rythme de progression de la productivité de 1,5%, le retour à l'équilibre serait atteint au début des années 2050 ; en dessous d’1,5%, il n’est pas envisageable avant 2070.

    • Point positif, le poids des dépenses de retraite dans le PIB baisserait jusqu'en 2025, quel que soit le scénario économique retenu, et jusqu’à 2060 voire 2065 pour les 3 scénarios les plus favorables. Ce poids avait progressé de 2,5 points entre 2002 et 2016.

    Le rapport 2016 prévoyait un retour à l'équilibre autour de 2025. Cette dégradation des prévisions est due :

    à la correction par l'Insee de ses prévisions démographiques, notamment en matière de solde migratoire, à une révision à la hausse de l'espérance de vie des hommes, et à une progression moins dynamique que prévu de la population active,

    à la diminution du nombre de fonctionnaires qui rapportent en moyenne plus de ressources au système de retraite,

    à la révision à la baisse des hypothèses de croissance économique du Gouvernement, passées notamment de 1,9% du PIB à 1,7% pour 2020 (programmes de stabilité 2016-2019 et 2017-2020).

    Evolutions et perspectives des retraites en France - Rapport annuel du COR
    Conseil d’Orientation des Retraites, 20 juin 2017

    Note de conjoncture, Insee, 20 juin 2017

    Cette édition tient compte des nouvelles projections de population active parues en mai. Sur la période 2015-2060, la population active est un peu moins dynamique dans les nouvelles projections: sa croissance est légèrement supérieure à 7%, alors qu’elle était proche de 8% dans l’exercice précédent.

    La résilience de l'emploi varie fortement d'un pays à l'autre depuis la crise selon l'Ocde

    Perspectives de l’emploi 2017 - OCDE, juin 2017

    13/06/2017

    Dans sa publication annuelle sur les Perspectives de l’emploi, l'Ocde montre que les politiques macroéconomiques et structurelles ont joué un rôle déterminant dans l'évolution du chômage durant et depuis la crise de 2008-2009. Si la résilience des marchés du travail est maintenant générale, elle varie aussi considérablement selon les pays, et pas uniquement selon leur trajectoire de croissance.

    L’Ocde constate que les marchés du travail de ses membres ont fait preuve de résilience depuis la crise

    Le chômage est revenu en général à des niveaux proches de la période antérieure à la crise, ce qui n'est pas le cas de la croissance. L'Ocde ne constate pas non plus de hausse significative du chômage structurel ou de déclin du taux de participation. La crise s'est par contre traduite par un ralentissement de la productivité et des salaires. La moindre qualité des emplois serait le revers de la médaille de la résilience en matière de chômage.

    Mais cette résilience de l'emploi diffère nettement selon les pays: pourquoi ?

    Les différences dans l'évolution du chômage sont liées à la fois à l'ampleur du choc initial et à la trajectoire de croissance, pour partie liés à des choix de politique économique. Elles reflètent aussi des différences d'ajustement de l'emploi, liées aux institutions du marché du travail. A l'aide de modèles empiriques, l’Ocde identifie le rôle des politiques et institutions du marché du travail ainsi que celui de la politique et des multiplicateurs budgétaires lors d'une chute de production. Il examine ensuite quelle aurait été la trajectoire des pays de l'Ocde s'ils avaient eu des caractéristiques communes, équivalentes à la moyenne de la zone, en matière de protection des salariés et de négociation collective.

    Le niveau de protection des salariés en place a eu un impact fort sur le niveau de chômage

    Selon les simulations de l'Ocde, une protection des salariés équivalente à la moyenne de l'Ocde aurait permis de réduire significativement la hausse du chômage en Grèce, en Espagne, au Portugal, ou dans une moindre mesure en France. L'effet aurait été inverse en Autriche ou aux Etats-Unis. Des modifications dans le niveau de centralisation de la négociation collective aurait par contre eu un effet mineur.

    Dans la plupart des pays, la politique budgétaire a contribué à la résilience de l'emploi

    Selon les simulations, la politique de relance budgétaire a permis de modérer la hausse du chômage sur la période 2008-15 de 3 point de pourcentage en moyenne dans les pays de l'Ocde. Mais dans certains pays particulièrement touchés par la crise, comme la Grèce, l'Italie ou le Portugal les stabilisateurs automatiques n'ont pas pu jouer à plein. Quoique significatif, le rôle de la politique budgétaire expliquerait cependant moins les écarts entre pays que d'autres facteurs qui restent à quantifier.

    Labour market resilience: The role of structural and macroeconomic policies
    OECD Employment Outlook 2017, juin 2017, chapitre 2

    Les perspectives de l'emploi pour la France :

    Selon l'Ocde, l’emploi devrait se stabiliser d’ici la fin 2018 avec un taux d’emploi des 15-74 ans de 55,4% et un taux de chômage en légère diminution (9,5%). La polarisation des emplois s’accentue, comme dans beaucoup d’autres pays. Selon le tableau de bord, le marché du travail français se situe dans la moyenne des pays de l’Ocde (taux d’emploi, emploi des seniors). L’Ocde relève également des points de faiblesse relative, comme le niveau élevé du chômage ou la forte dualité du marché du travail.

Actualités

Ne manquez pas