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Veille documentaire

Etudes, rapports, sites web : la sélection de la semaine

La Documentation propose aux adhérents chaque mardi un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la Documentation le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur de...

    Mondialisation et Union européenne : faits et chiffres (Eurostat)

    Globalisation patterns in EU trade and investment, Eurostat, décembre 2017

    12/12/2017

    Pour aider à mieux comprendre l’ampleur des répercussions de la mondialisation sur les entreprises, les gouvernements et les citoyens, Eurostat propose une nouvelle publication intitulée "Globalisation patterns in EU trade and investment", qui met l’accent sur les flux commerciaux et financiers croissants entre l’Union européenne et le reste du monde.

    "Globalisation patterns in EU trade and investment" d’Eurostat repose sur un large éventail d’enquêtes et de collecte de données provenant des comptes nationaux, des statistiques de la balance des paiements et du commerce international, et de statistiques sur les entreprises. Il présente des statistiques sur les relations de l'Union européenne en matière de commerce et d’investissement avec ses principaux partenaires économiques, et analyse notamment le commerce international de biens et de services et les investissement directs étrangers pour la zone et pour chaque pays.

    En termes d’évolution du commerce international, Eurostat observe qu’en 2016 c’est l’UE qui a enregistré l’excédent le plus important du commerce international de biens et de services (+304 milliards d’euros en 2016), devant la Chine (+226 milliards d’euros). Les États-Unis ont accusé le plus lourd déficit (-456 milliards d’euros).

    En revanche en mesurant la valeur des échanges par rapport au PIB, Eurostat montre que "l’intensité" de la mondialisation de l’UE reste faible. Avec un commerce international de biens et de services d’une valeur équivalente à 17% de son PIB, l’UE, aux côtés de la Chine (20%) et des États-Unis (14%), présentait l’un des taux les plus faibles en 2015. Bien inférieur à ceux enregistrés par Hong Kong (195%) ou Singapour (167%).

    Eurostat permet également d’observer entre 2002 et 2016 l’évolution défavorable des performances de la France, comparativement à ses partenaires européens.

    • Croissance en valeur des exportations de biens : la France fait partie des pays qui enregistrent une hausse relativement faible (entre 25 et 30%), loin derrière la Slovaquie (360%), la Lettonie (353%), la Pologne ou la Lituanie (plus de 300%).

    • Excédent commercial : la France est passée d’un léger excédent en 2002 à un déficit commercial en 2016 (comme l’Autriche, la Finlande et la Suède), tandis que d’autres pays devenaient excédentaires (République tchèque, Pologne, Hongrie, Slovaquie, Slovénie). En 2016 la France atteint le deuxième déficit commercial le plus élevé de l’UE après le Royaume-Uni.

    • Compétitivité-prix : parmi les 18 pays de l’UE qui ont vu leurs termes de l'échange se détériorer, la France fait partie des plus mauvais élèves avec le Luxembourg, Chypre, l’Autriche et la Grèce avec une dégradation de plus de 10%.

    Globalisation patterns in EU trade and investment, 2017 edition
    Eurostat, Statistical Books, 12 décembre 2017

    La Fondation Robert Schuman évalue l'impact budgétaire du Brexit pour l'Union européenne

    Les conséquences budgétaires du Brexit pour l'Union européenne - Fondation Robert Schuman, décembre 2017

    05/12/2017

    La Fondation Robert Schuman tente d’évaluer les conséquences budgétaires du Brexit du point de vue européen. Pour l'Union européenne le Royaume-Uni est un partenaire budgétaire important, dont le poids va "bien au-delà de sa seule contribution au budget". Les effets indirects du Brexit sur la politique et la négociation budgétaires semblent même déterminants.

    La Fondation Robert Schuman analyse les conséquences budgétaires du Brexit pour l’Union européenne en deux temps : la "facture du divorce" jusqu'au 29 mars 2019 (date à laquelle les traités cessent de s’appliquer en cas d’absence d’accord), et l’après-Brexit au-delà de cette date.

    L'enjeu budgétaire du Brexit représente une perte de recettes totale de l'ordre de 10 milliards d’euros. Malgré la singularité du rabais britannique, le Royaume-Uni est le deuxième contributeur net au budget européen sur la période 2014-2016, loin derrière l'Allemagne et juste devant la France. Sa contribution nette se chiffre à 38,7 milliards d’euros en 5 ans entre 2012 et 2016, soit 7,5 Mrds par an en moyenne. A cette perte de recettes potentielle induite par le Brexit s’ajoutent les droits de douane, de l’ordre de 3 Mrds d’euros annuels.

    Jusqu’en mars 2019, certaines charges budgétaires de l'UE pourraient être alourdies, en particulier les "restes à liquider" (engagements du budget européen pas encore couverts par des paiements) qui représenteraient 251 Mrds fin 2017. Une baisse de la contribution du Royaume-Uni, due au ralentissement de sa croissance (en partie à cause du Brexit) pourrait également se traduire par une majoration des contributions des autres Etats membres. Les calculs pour la contribution des Etats étant rétroactifs, cela pourrait mener selon l’auteur à un "scénario catastrophe" qui verrait les 27 obligés de rembourser le trop versé par les britanniques et payer ainsi pour le Brexit.

    Le calcul du coût du Brexit s’appuie sur le cadre financier pluriannuel (CFP), applicable jusqu'en 2020. Si le CFP semble être la clef de voûte du système budgétaire européen, il ne lie pas à lui seul le Royaume-Uni. La quasi-totalité des actions et programmes sont assortis de documents de programmation financière et engagent financièrement les Etats. Ce qui imposera un recensement fin et exhaustif de toutes les programmations budgétaires hors CFP avant mars 2019.

    La Fondation Robert Schuman souligne enfin que l’après-Brexit ne doit pas être négligé. Les effets indirects du Brexit sur la politique et la négociation budgétaire pourraient être déterminants, l’Allemagne perdant "son meilleur allié budgétaire". Le Brexit conduira également sans doute à une inflexion des deux grandes politiques budgétaires européennes : la politique agricole commune et la politique de cohésion.

    Les conséquences budgétaires du Brexit pour l'Union européenne
    Fondation Robert Schuman, Nicolas-Jean BREHON, Question d’Europe N°454, décembre 2017

    Voir également :

    Brexit : saisir les opportunités et limiter les risques dans la finance
    Les Notes du Conseil d’Analyse Economique, Anne-Laure DELATTE et Farid TOUBAL, N°45, décembre 2017
    La note expose les conséquences du Brexit sur la stabilité et la fragmentation financière en zone euro ainsi que l'enjeu de la concurrence entre places financières européennes pour attirer des entreprises du secteur. Les auteurs s'intéressent en particulier à l'attractivité de la France dans la concurrence européenne, au regard des choix de localisation des filiales d'entreprises étrangères dans la finance.

    Economic Effects of Brexit on the European Economy
    European Network for Economic and Fiscal Policy Research - Gabriel FELBERMAYR, Clemens FUEST, Jasmin GROESCHL, Daniel STOHLKER - Econpol Policy Report N°4, novembre 2017
    Les auteurs fournissent des bases empiriques pour évaluer le processus actuel de négociation du Brexit. Ils proposent une simulation de différents scénarios, en utilisant le modèle Ifo du commerce mondial, pour quantifier les conséquences de Brexit pour le Royaume-Uni et les pays de l'UE. Le coût du Brexit serait nettement plus élevé pour le Royaume-Uni que pour la moyenne des pays de l'UE27, même si la problématique budgétaire risque d'impacter fortement certains pays de l'UE à 27.

    Global Value Chains, Trade Shocks And Jobs: An Application to Brexit
    University of Leuven, William CONNELL, Hylke VANDENBUSSCHE, Simons WOUTER - Discussion Paper Series N°17.13, septembre 2017
    Ce papier présente un modèle ayant pour objet d'évaluer l'impact du Brexit en termes de valeur ajoutée et d'emploi pour chaque pays de l'UE, prenant en compte d’autres paramètres que les exportations brutes directes : liens entre les chaînes de valeur nationales et mondiales entre les secteurs des biens et des services, tarifs douaniers bilatéraux, valeur ajoutée. Les auteurs obtiennent des résultats nettement plus négatifs pour les pays de l'UE que ce que l'on croyait jusqu'à présent, sachant que c'est le Royaume-Uni qui serait le plus impacté par le Brexit.

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