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Perspectives de croissance 2017 : les freins qui brident le redémarrage de l’économie française

- N.60, septembre 2016

26/09/2016

La croissance française a été soutenue jusqu’au début 2016 par une conjonction exceptionnellement favorable (pétrole, taux, change). Freinée par ses handicaps structurels, au premier rang desquels la compétitivité, ainsi que par une politique fiscale erratique, la France n'a pas pu transformer ces impulsions externes en reprise durable.

La croissance française sera un peu plus faible en 2017 qu’en 2016

Avec la fin des impulsions extérieures, compte tenu d’une dynamique intrinsèque faible de l'économie française et d’une "fuite à l’importation" qui s’accentue, la croissance se tassera en 2017. Elle serait de 1,1% en moyenne annuelle après 1,3% en 2016.

La croissance de l'économie mondiale restera en 2017 au voisinage de 3%, accompagnée d’un déplacement de la dynamique d'activité des économies développées vers les économies émergentes et de la zone euro vers les Etats-Unis.

Les freins au redémarrage de la croissance française

Le taux de croissance de la France par habitant semble passer structurellement sous la moyenne européenne. Depuis 2006, l’écart de PIB par habitant entre la France et l'Allemagne s’est creusé de dix points. Nous relevons 3 freins majeurs au redémarrage de l'économie française :

1- Une compétitivité qui reste à reconquérir

Le recul des parts de marché de la France au sein de la zone euro amorcé au début des années 2000 n’a pas encore pris fin. Le recalage des coûts avec nos concurrents est amorcé mais encore insuffisant.

- Les allègements de charges déployés à partir de 2013 (CICE, Pacte de responsabilité) ont permis de diminuer de 2,4% le coût salarial unitaire dans l’ensemble de l’économie. S'ils ont contribué au redressement des marges des entreprises, leurs effets sur la compétitivité seront cependant longs à apparaître.

- La loi Travail a récemment tenté d’apporter davantage de souplesse, avec notamment l’introduction d’"accords offensifs". Cependant l’impact positif reste aléatoire car les textes actuels ne permettront pas une meilleure adéquation des salaires à la productivité en période de creux conjoncturel.

2- Un "choc fiscal" de grande ampleur, peu efficace sur le déficit

Entre 2011 et 2013 la hausse cumulée des prélèvements obligatoires a atteint 74,4 milliards d’euros. Ce choc fiscal a d’abord pesé sur les entreprises comme sur les ménages. Le CICE et les allègements de charges du Pacte de responsabilité ont par la suite réduit très fortement la hausse portant sur les entreprises sans l'annuler complètement.

3- Un système fiscal défavorable à l'investissement

- L’impact des modalités de prélèvements sur les comportements est aussi important que leur montant. En termes de structure, les anomalies de notre système fiscal résident dans le poids particulièrement élevé des impôts qui pèsent sur le compte d’exploitation des entreprises et dans la fiscalité du capital.

- Le caractère excessif des taux marginaux d’imposition a conduit à multiplier les dérogations à la règle générale. Il en résulte une instabilité chronique des règles fiscales qui perturbe les décisions d'épargne et d'investissement et décourage les projets de long terme.

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