Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises
15/09/2009
Michel DIDIERA quand la sortie de crise ? Quel impact peut avoir le grand emprunt national annoncé par le gouvernement sur l'économie française ? Le projet du "Grand Paris" peut il contribuer à la relance ? Trois questions à Michel Didier, président de Coe-Rexecode
Est-ce que l'économie va mieux ?
Quand on a connu des mois très durs avec une brutale contraction des ventes et de I'activité économique le simple fait de baisser moins vite ou d'entrevoir une stabilisation est déjà en soi une nette amélioration. A I'échelle mondiale la récession est terminée. L'Asie, surtout la Chine, a retrouvé de la vigueur. Les États-Unis sont au point bas. La récession n'est peut être pas encore tout à fait terminée en France. Je pense que nous en sommes proches en terme d'activité, particulièrement dans les secteurs liés à la consommation et dans les industries qui ont vu un moment leurs marchés disparaître, faute de commandes.
Que peut changer le grand emprunt national lancé par le gouvernement ?
C'est une bonne idée de dire à quoi va servir l'argent emprunté aux français (ou aux investisseurs internationaux). C'est aussi une bonne idée que l'emprunt serve à financer en priorité des investissements qui vont bénéficier durablement aux générations futures, car ce sont précisément elles qui vont le rembourser. Il est donc essentiel que les projets retenus répondent à des critères économiques stricts. Nous avons trop longtemps emprunté pour payer des dépenses immédiates, en laissant la facture à nos successeurs. Mais il faut aussi se rappeler qu'un emprunt ne réduit pas le déficit public et que depuis maintenant trente ans, l'Etat emprunte chaque jour plus qu'il ne rembourse. Si on ne réduit pas le déficit, on ajoutera un "grand emprunt exceptionnel" aux emprunts courants déjà considérables. Le sujet du déficit reste prioritaire.
Le projet du "Grand Paris" peut-il contribuer à la relance économique ?
Nous sommes, bien sûr, avec le Grand Paris, au delà de l’horizon du court terme, mais il est aussi très important pour les anticipations à court terme de fixer un chemin à long terme et de baliser où on veut aller. La région parisienne est la première région économique d’Europe. Or, notre région manquait de projets économiques d’envergure. Afficher une ambition collective, affirmer que la mobilité est un facteur de croissance et mettre en place de nouveaux équipements en intégrant naturellement les objectifs environnementaux, peut constituer un levier de croissance. Ce n’est pas la dépense qui crée la croissance, c’est l’efficacité plus grande qui résulte des investissements.


30/01/12
TVA sociale et compétitivité de l'industrie française, Michel Didier (Le Monde, Europe1)
Le Monde des 31 et 6 janvier, Europe 1 Midi, 5 janvier