Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises
Décryptage : 3 questions à Coe-Rexecode
Chaque trimestre, Coe-Rexecode propose une intervention pédagogique sur un point de conjoncture ou une question de politique économique dans le Courrier du Grand Paris, magazine de la Chambre de Commerce et d'industrie de Paris destiné aux chefs d’entreprise.
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01/06/2011
Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode, livre au Courrier du Grand Paris son analyse sur la hausse des cours mondiaux des matières premières et ses conséquences sur les prix. S'il n'y a pas actuellement de risque de spirale inflationiste, le pouvoir d'achat des ménages français va subir une ponction d'environ 1,2 points en 2011.
L'inflation est-elle de retour ?
Il y a une accélération des prix à la consommation, mais on ne peut pas parler de retour dans une spirale inflationniste. Les hausses de prix sont concentrées sur les produits énergétiques et alimentaires. Elles ne débordent pas sur les produits manufacturés ou les services, qui constituent la majeure partie des dépenses des ménages. L’absence d’accélération des salaires dans l’ensemble de l’Europe traduit également l’absence de tensions inflationnistes fondamentales dans un contexte de taux de chômage partout élevé, à l’exception notable de l’Allemagne. 
Quelles sont les conséquences des hausses de prix des produits alimentaires et énergétiques ?
Les exemples du passé montrent que les prix des produits alimentaires consommés par les ménages mettent du temps avant de répercuter les hausses des cours mondiaux. Mais cette répercussion s’effectuera. La diffusion de la hausse des prix se voit déjà dans l’accélération des prix agricoles à la production (+ 20,9 % sur un an en février). Elle commence à se voir dans les prix à la production de l’industrie agroalimentaire (+ 4,9 % sur un an).
Il faut compter environ neuf mois pour voir la répercussion de la hausse des cours dans les prix à la consommation. Celle-ci se verra à plein à partir de l’été 2011. Nous estimons que la hausse des prix des produits alimentaires pourrait occasionner un prélèvement sur le pouvoir d’achat des ménages en France équivalant à 0,5 % de leur revenu en 2011. La hausse des prix de l’énergie pourrait l’amputer d’un montant additionnel de 0,7 point, un peu plus qu’en 2008 lors du précédent point haut du cours du baril. 
Les revendications salariales pourraient-elles s’accroître face à ces hausses de prix ?
Oui. Mais seront-elles honorées pour autant ? Rien n’est moins sûr. Deux éléments à rappeler : premièrement, les mécanismes d’indexation des salaires sur les prix ont quasiment disparu (à l’exception des règles de fixation des prix) ; deuxièmement, aussi bien le niveau élevé du chômage que l’affaiblissement record du taux de marge des sociétés, laissent peu de place à une éventuelle accélération des salaires. 

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