Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises
30/01/2012
Lors de l' entretien télévisé du 29 janvier , le chef de l'Etat a annoncé l'adoption en octobre 2012 d'une hausse de la TVA (et de la CSG sur les revenus financiers) en compensation d'une baisse ciblée des charges sociales. Michel Didier répond aux questions du Monde et d'Europe 1 sur l'opportunité d'une "TVA sociale".
Améliorer lacompétitivité de l’industrie française a un coût
Le Monde a demandé à trois économistes d’expertiser les mesures que Nicolas Sarkozy a proposées lors de son entretien télévisé du 29 janvier
: Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis, Thomas Coutrot, co-président d’Attac et Michel Didier
, président de Coe-Rexecode.
Quels sont les avantages de la TVA sociale ?
Selon Michel Didier, "une baisse de charges compensée par de la fiscalité, de la TVA seule ou avec un autre impôt, a un effet vertueux sur la compétitivité. (...) Les travaux qui ont été menés à ce sujet, en particulier le rapport Besson de 2007
, concluent à un effet positif sur l’emploi, mais avec une dispersion assez grande des résultats. (...) Mais une chose est sûre : la baisse du coût du travail
pour l’entreprise est plutôt bonne pour l’emploi."
Est-ce le seul moyen de restaurer notre compétitivité ?
"Pas tu tout ! C’est un ensemble de mesures de compétitivité
qu’il faut mettre en place.. Il faut travailler à trois niveaux : le long terme, avec la recherche, l'innovation et les nouvelles technologies - ce qui se fait depuis dix ans - ; le moyen terme, avec les accords compétitivité emploi ; le court terme, avec la baisse des charges patronales." Propos recueillis par Claire Guélaud
Europe 1 Midi, 5 janvier 2011, 12h30Interview de Michel Didier par Guillaume Cahour
Selon les dernières données Eurostat, le coût salarial est de 34,54 euros en France contre 30,95 en Allemagne
. Nous étions au dessous de l'Allemagne il y a 10 ans, nous sommes aujourd'hui 11,5 % au dessus. C'est cet écart de coût qu'il faut combler, sans pénalité pour le salarié.
La mesure aura son plein effet sur la compétitivité rapidement si les entreprises ajustent leurs prix de production à la baisse. Cela permettrait d'ailleurs de compenser - au moins en grande partie - la hausse de TVA et de ne pas augmenter le prix pour le consommateur. Il est très probable que la concurrence, qui est très forte, jouera en ce sens.
La mesure permettrait aussi aux entreprises industrielles de restaurer leurs capacités financières. Il existe un fort décalage entre les résultats financiers des entreprises françaises et allemandes
. Or, moins de résultats signifient moins de capacité à innover et donc moins de compétitivité.
Le Monde, 6 janvier 2012"Baisser les charges générales aurait un impact positif sur des secteurs essentiels" : Questions à Michel Didier, économiste, président de Coe-Rexecode
C’est une mesure que nous défendons à Rexecode depuis le rapport Besson en 2007 . En baissant les charges sociales, elle va permettre de redresser notre compétitivité et l’emploi. (...) Si on veut un effet maximal sur le coût du travail, il faut baisser les cotisations famille, qui représentent 5,4 % de charges patronales et relèvent de la solidarité.(...) Baisser les charges générales aurait un impact positif sur des secteurs essentiels comme les nouvelles technologies. Extrait des propos recueillis par Jean- Baptiste Chastand, texte intégral à lire sur le site du Monde
Voir aussi :
Reuters, 5 janvier 2012
La TVA sociale, une bonne idée au pire moment ?
"Des économistes s'inquiètent du moment choisi pour augmenter la TVA, alors que la France est peut-être déjà en récession. (...) Gilles Koleda
, directeur des études du cabinet économique Coe-Rexecode, tempère ce risque : "Je ne crois pas qu'on puisse dire 'c'est trop tôt', le risque est plutôt : c'est un peu tard. Le ralentissement économique atténue les pressions à la hausse sur les prix, une partie du pouvoir d'achat des salariés pourrait être regagnée par une baisse des charges sociales et les entreprises seraient incitées à répercuter au moins une partie de la baisse de leurs coûts. "Il faut donner un coup de fouet, un bol d'air, aux industriels, en leur permettant de regagner un peu en compétitivité-coûts
", ajoute l'économiste, en soulignant la progression plus rapide des coûts salariaux en France
." Jean-Baptiste Vey


04/05/12
La compétitivité, priorité du prochain président
Tribune parue dans Les Echos du 4 mai 2012