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Brexit : "nous tablons sur un ralentissement de la croissance au Royaume-Uni en 2017 et 2018"

- Capital, Juin 2017

19/06/2017

Un an après le vote en faveur de sa sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni se porte mieux que prévu. La Livre sterling s'est certes dépréciée et les prix ont augmenté mais les ménages l'ayant anticipé, leurs dépenses ont permis à l'économie britannique de résister au choc. Les années 2017-2018 seront moins favorables, d'autant que s'ouvre une période d'au moins deux années d'incertitude autour des négociations avec l'UE.

Axelle Lacan économiste France et Royaume-Uni (photo)

Un an après le vote du Brexit, l'économie du Royaume-Uni va bien (l'augmentation du PIB a été de 2% en 2016), alors que les experts s'attendaient à une catastrophe.
Comment l'expliquer?

L'économie britannique a été plus résiliente que prévu : nous avions sous-estimé les comportements d'anticipation des ménages. Nous avions tablé sur une forte dépréciation de la monnaie, provoquant une hausse de l'inflation, une perte de pouvoir d'achat et donc un tassement de la consommation.

C'est ce qui s'est passé, la livre sterling a perdu 17% depuis son point haut en 2015, et les prix ont augmenté, mais la baisse de la consommation s'est matérialisée seulement au 1er trimestre. La raison en est simple : comme les Britanniques avaient prévu cette montée des prix, ils ont anticipé leurs dépenses, ce qui a permis à l'économie de tenir le choc. Mais, en 2017, elle risque de souffrir : au 1er trimestre, sa croissance est passée au-dessous de celle de la zone euro.

Un enlisement des négociations serait-il préjudiciable à l'économie britannique?

Oui, cela sera sûrement long car les divergences sont importantes. Le Royaume-Uni veut entamer les discussions sur les échanges futurs, alors que l'Union européenne veut d'abord négocier les conditions de sortie. Cela va prendre au moins deux ans, ce qui pourrait freiner les investissements au Royaume-Uni (déjà en baisse fin 2016).

Résultat, en y ajoutant les conséquences de la baisse de la livre sterling, nous tablons sur une croissance de 1,2% en 2017 et de 1,1% en 2018. A cela s'ajoute une épée de Damoclès au-dessus du marché immobilier. Pour l'instant, les enquêtes sont optimistes, mais en cas de remontée des taux d'intérêt, il y a un risque de retournement.

Axelle Lacan répond aux question de Philippine Robert

Article complet à lire dans le magazine Capital de juin 2017

maintenant disponible en ligne sur le site du magazine.

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