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L’économie mondiale entre en convalescence

- Février 2010

26/01/2010

Alain HENRIOT

Depuis quelques mois, les signes d’un rebond de l’activité se sont multipliés. Progressivement, les économies sortent de la pire récession de l’après-guerre. Les questions se portent maintenant sur la gestion de l’après-crise. Le point de vue d’ Alain Henriot , directeur délégué de Coe-Rexecode, pour le Courrier du Grand Paris.

         
   

En 2009, le commerce mondial se serait contracté d’environ 14%, un record depuis la crise des années 1930

 
     

En cette fin d’année 2009, quel est l’état de santé de l’économie mondiale ?

Les choses vont mieux. Les chefs d’entreprise nous indiquent dans les enquêtes de conjoncture que l’activité redémarre. Parti d’Asie, le vent de la reprise souffle désormais sur les États-Unis et l’Europe. La globalisation de l’économie conduit à une certaine synchronisation des cycles conjoncturels. Mais attention, tout le monde ne va pas au même rythme. Le PIB chinois caracole de nouveau à près de 10 % l’an, alors que la France a connu une progression de son PIB de 1 % l’an au troisième trimestre.

Peut-on dire que la crise est finie ?

Tout dépend de ce que l’on entend par le mot crise. S’il s’agit d’une contraction de l’activité, la réponse est oui. Mis à part le Royaume-Uni et l’Espagne, toutes les grandes économies se sont extirpées de la récession. Mais après une phase de reconstitution des stocks et une fois passés les effets de certaines mesures de soutien comme la prime à la casse dans l’automobile, il est probable que l’économie mondiale entre dans une phase de croissance lente. Il existe d’importantes surcapacités dans de nombreux secteurs, les politiques monétaires vont se faire moins accommodantes et, surtout, les finances publiques vont devoir être restaurées. Autant d’éléments qui risquent de peser sur la croissance courant 2010 et en 2011.

     
   

480 729 entreprises ont été créées en 2009, dont plus de la moitié sous le régime de l’auto-entrepreneur

   

En France, la crise a-t-elle ralenti les créations d’entreprise et n’existe-t-il pas un risque d’explosion des défaillances d’entreprise ?

L’introduction du régime d’auto-entrepreneur depuis janvier 2009 a fortement perturbé les statistiques de démographie des entreprises. En prenant en compte ce nouveau statut, les créations d’entreprise paraissent avoir connu une vive expansion. Mais les créations d’entreprise traditionnelles ont, elles, lourdement chuté, passant d’environ 30 000 par mois fin 2007 à 20 000 en octobre 2009. La crise est passée par là, et il est possible qu’il y ait eu un effet de substitution. De leur côté, les défaillances d’entreprise ont fortement augmenté depuis la fin 2007. Mais les tout derniers mois semblent marquer une pause, ce qui confirme que les défaillances sont assez en ligne avec le cycle économique. Par contre, les créations d’entreprise sont en retard de plus d’un an sur le cycle économique. De ce point de vue, la crise n’a donc pas fini de produire tous ses effets.

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