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Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises

Faut-il croire au retour de la croissance ?

- Novembre 2009

01/12/2009

Denis FERRAND

Plusieurs indicateurs semblent annoncer la reprise économique, même si certains freins empêchent encore un retour durable à une croissance soutenue. C'est dans ce contexte que les entreprises vont avoir de nouveaux besoins de financement. Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode, a fait le point sur ces questions pour le Courrier du Grand Paris.

La sortie de crise est-elle amorcée ?

La première étape de la sortie de crise a été franchie. L'économie française est sortie de la récession. Un rebond d'activité temporaire est même possible parce que les entreprises ont vidé leurs stocks et vont devoir se remettre à produire pour répondre à la demande, parce que le plan de relance devrait soutenir I'investissement public, et parce que les échanges mondiaux se sont réanimés et que la France devrait en tirer partie, malgré un euro à nouveau fort contre le dollar. Mais parler de sortie de crise, de retour durable à un rythme de croissance soutenu, est trop hâtif.

Quels sont les freins qui empêchent la sortie de crise ?

Tout d'abord, le pouvoir d'achat des ménages a été soutenu par la baisse des prix de la fin 2008 et du début 2009, ainsi que par une forte augmentation des prestations sociales. Ces deux éléments expliquent pourquoi la consommation a continué d'augmenter. Mais leurs effets s'atténuent, et la progression du pouvoir d'achat va ralentir. Un recul de la consommation des ménages nous paraît toutefois exclu. Ces derniers ont déjà fortement remonté leur effort d'épargne au cours des derniers mois. La part de l'épargne dans le revenu devrait donc se stabiliser. Le deuxième frein à la sortie de crise est la situation financière des entreprises, qui reste très fragile pour l'instant. Plus d'un quart des entreprises industrielles sont confrontées à des difficultés de trésorerie, un niveau record depuis 1993. Leurs résultats ont chuté. II est difficile d'attendre une reprise de I'investissement dans ces conditions.

Comment jugez-vous l'accès des entreprises au crédit bancaire ?

Les nouveaux crédits aux entreprises sont orientés à la baisse depuis plusieurs trimestres. Cette baisse s'explique à la fois par des contraintes plus fortes du côte de l’offre de crédit et par un recul de la demande de la part des entreprises. Pendant la récession celles-ci ont réduit au minimum leurs dépenses. Certaines ont également bénéficié des mesures de soutien de la trésorerie incluses dans le plan de relance, ce qui a limité leur recours au crédit. Avec un possible rebond d'activité et l’arrêt du déstockage, leurs besoins de financement vont se creuser à nouveau. C'est vraiment maintenant que la question des conditions d’accès des entreprises, et notamment des PME, au crédit bancaire va se poser.

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