Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises
3 questions à Coe-Rexecode
Chaque trimestre, Coe-Rexecode propose une intervention pédagogique sur un point de conjoncture ou une question de politique économique dans le magazine de la Chambre de Commerce et d'industrie de Paris destiné aux chefs d’entreprise
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31/05/2010
Denis FERRANDLa France a mieux résisté que les pays de la zone euro à la récession en 2009, notamment grâce à la progression de la consommation des ménages. Quelles sont les prévisions pour 2010 ? Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode a répondu aux questions de la rédaction du Courrier du Grand Paris
La récession a été très profonde en France, mais moindre que dans l’ensemble de la zone euro, comment expliquer cet écart ?
La contraction du PIB a été de 2,2 % en France en 2009, un recul exceptionnel dans son ampleur mais moindre que dans la zone euro (– 4 %). L’écart s’explique par une moindre sensibilité aux évolutions des échanges mondiaux. Il s’explique surtout par les évolutions de la consommation des ménages. Elle a progressé de 0,8 % en volume en France en 2009. Elle a reculé de 1 % dans la zone euro. Cette divergence reflète notamment un écart dans l’évolution des revenus des ménages : leur pouvoir d’achat a progressé d’environ 2 % en France en 2009, d’un peu moins de 1 % en zone euro.
De tels écarts peuvent-ils se prolonger en 2010 ?
C’est surtout l’écart entre la croissance des revenus des ménages et celle du PIB qu’il sera difficile de renouveler. En 2009, la progression des revenus s’est opérée en dépit d’un recul inédit de la masse salariale du secteur privé. Elle a été expliquée par des réductions d’impôt et par l’accélération des prestations sociales. En ajoutant la forte contraction des recettes d’impôt sur les sociétés et le dynamisme des dépenses publiques, cette situation explique le creusement du déficit public à près de 8 % du PIB en 2009. Les soutiens publics au revenu des ménages vont manquer en 2010, et une accélération des revenus salariaux est peu probable. En tout état de cause, malgré la sortie de la récession et le rebond temporaire d’activité, la consommation des ménages peinera à accélérer.
Qu’entendez-vous par rebond "temporaire" ?
Des éléments non pérennes ont expliqué le rebond d’activité intervenu fin 2009. Durant la récession, les entreprises ont fortement réduit le niveau de leurs stocks, ce qui a pesé sur l’activité. Ce déstockage s’achève et les entreprises doivent se remettre à produire pour répondre à une demande même plus faible. La mise en oeuvre du plan de relance de l’activité a également soutenu l’activité. L’impact positif de ces éléments va s’estomper. Ils vont manquer de relais, par défaut de progression des revenus des ménages, par défaut de marge de manoeuvre budgétaire, du fait du désendettement des ménages et des entreprises. Ce sera ensuite au tour du secteur public d’entreprendre un effort de maîtrise de la dette. Après le rebond, c’est vers une phase de faible croissance et pas encore de reprise que se dirige l’économie française.
Chaque trimestre la direction de la conjoncture de Coe-Rexecode présente en exclusivité à ses adhérents ses perspectives à deux ans pour l'économie mondiale et l'économie française. Une version publique des perspectives de mars 2010 est parue sous forme de document de travail .
Le Courrier du Grand Paris (CCIP) est disponible en ligne.

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