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02/12/2009
Nos parts de marché à l’exportation par rapport à la zone euro ont légèrement augmenté en 2009, pour la première fois depuis dix ans. Cette remontée s’explique surtout par des raisons conjoncturelles. Elle traduit sans doute aussi les premiers résultats d’une politique un peu plus favorable à l’industrie. Il reste cependant des efforts importants à faire pour regagner ne serait-ce qu’une partie du terrain perdu depuis 1999.
Dix ans de recul de nos parts de marché à l’exportation
En dix ans, de 1998 à 2008, la part des exportations françaises de marchandises dans le total des exportations de marchandises de la zone euro est passée de 16,8 % à 13,2 %.
Un recul de la base industrielle française
Le recul de nos parts de marché s’est accompagné d’un recul de la part de la valeur ajoutée industrielle créée en France dans la valeur ajoutée industrielle créée dans l’ensemble de la zone euro. Cette part est tombée de 17,2 % en 1999 à 13,4 % en 2008, chiffres très proches de nos parts de marché à l’exportation.
L’amélioration est-elle conjoncturelle ou durable ?
Il semble que la remontée récente de la part de marché des exportations françaises observée à un niveau agrégé s’explique en grande partie par un effet de composition lié à la conjoncture exceptionnelle de 2008-2009. Les exportations françaises sont plutôt spécialisées dans les secteurs qui ont connu les plus faibles reculs de leur niveau d’activité.
Des facteurs structurels un peu plus favorables
Les effets de plusieurs années de politique relativement plus favorable à la compétitivité commencent à se faire sentir. On citera notamment la mise en place des pôles de compétitivité, du statut de la Jeune Entreprise Innovante, de la création du groupe Oséo, destiné à mieux accompagner le développement et le financement des PME. Quoiqu'il en soit, la récession industrielle a fortement pesé sur les marges d’exploitation des entreprises industrielles. Cette situation handicape le potentiel d’investissement en France relativement à l’ensemble de la zone euro.
Une prise de conscience récente des enjeux industriels
En toutes hypothèses, même s’il n’y avait plus de nouvelle dégradation, la situation actuelle n’est pas satisfaisante : une simple stabilisation ne ferait que consolider le recul antérieur. Une action structurelle forte est nécessaire pour endiguer le recul de nos parts de marché et renforcer notre offre industrielle. Plusieurs initiatives gouvernementales prises depuis un an répondent clairement à cet impératif : suppression de la taxe professionnelle, « grand emprunt » pour la recherche et l’innovation, lancement des Etats généraux de l’industrie. Toutes ces orientations sont importantes.
Ce que montre surtout l’expérience passée, c’est que le facteur clé du renforcement industriel sur notre territoire est avant tout l’environnement macro-économique, financier et réglementaire de l’industrie.
Les citations de nos travaux dans la presse ou les revues économiques, les entretiens accordés par nos économistes.Voir aussi :- les interviews parues dans le Courrier du Grand Paris ,...
09/02/2010
Michel DIDIERAu cours des dix dernières années, notre base industrielle s’est contractée non seulement par rapport au monde dans son ensemble mais aussi, ce qui est plus difficilement compréhensible, par rapport à la zone euro. Ce constat préoccupant ne concerne pas nos grands groupes mondialisés mais porte sur la compétitivité du « territoire France ». Les enjeux sont la création de pouvoir d’achat et l’emploi sur le territoire français.
Plusieurs causes sont possibles pour expliquer cette dégradation, la principale d’entre elles est la mise en oeuvre des « 35 heures », qui coïncide exactement avec la rupture de notre compétitivité. Dans les conditions où elle a été faite, la réduction de la durée du travail a fait peser sur l’industrie à la fois des surcoûts élevés et des contraintes quantitatives.
Une réponse, proposée et répétée dans tous les rapports est « il faut plus de recherche, d’innovation notamment dans les entreprises moyennes ». C’est vrai, mais cette réponse décrit des symptômes plus qu’elle explique le mal. Or, il faut enrayer bien avant cela le processus de désindustrialisation, ne serait-ce que pour conserver une base physique pour développer utilement les politiques de recherche.
C’est pourquoi nous estimons qu’il faut une mesure de compétitivité forte et rapide à effet immédiat pour inverser le mouvement de contraction : une baisse des coûts de production. Un objectif souhaitable devrait être d’au moins 10 à 15 milliards d’euros d’allégement des coûts industriels.

18/02/10
France : un rebond d’activité isolé
Premiers résultats des comptes nationaux du 4e trimestre 2009

09/02/10
Déclencher un cercle vertueux de compétitivité industrielle
Contribution au Comité National des Etats Généraux de l'Industrie, 26 janvier 2010