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Le CEPII évalue les retombées de la baisse du dollar pour les pays de la zone euro

Baisse du dollar : tous perdants au sein de la zone euro ? CEPII, novembre 2017

21/11/2017

Le niveau de change de l'euro, à 1,20 dollar environ à l'automne 2017, serait plutôt proche, d'après les calculs du CEPII, d'un niveau d'équilibre de long terme. Pour autant, ce n'est pas nécessairement le cas pour chaque pays de la zone euro. À son niveau actuel, le CEPII estime que le change euro/dollar nuit à la compétitivité de nombreux pays à quelques exceptions près.

Depuis janvier 2017, pour des raisons davantage liées aux incertitudes politiques qu’aux fondamentaux économiques des Etats-Unis, le dollar ne cesse de se déprécier, enregistrant une perte de plus de 13,5% par rapport à la monnaie européenne. Le taux de change de l’euro atteint ainsi 1,20 dollar à l’automne 2017.

Le CEPII utilise la base EQCHANGE * sur le niveau des taux de change effectifs nominaux et réels pour 187 pays, ainsi que des taux de change d'équilibre calculés, afin d'évaluer d'une part si le change euro/dollar actuel correspond à un niveau d'équilibre, et d'autre part, les conséquences de ce nouveau taux de change pour la zone euro et pour chacun de ses Etats membres.

Selon les calculs des auteurs, la parité à 1,20$ serait proche de l'équilibre pour la zone euro dans son ensemble et pour la France (1,18). Toutefois, selon le CEPII, "la situation apparaît problématique". Seuls trois pays (Allemagne, Irlande, Pays-Bas) ont un niveau de change d'équilibre supérieur et sont donc gagnants en compétitivité-prix.

Un grand nombre de pays pourraient en revanche être "fortement pénalisés", leur niveau de change d'équilibre étant bien inférieur, notamment l'Autriche, Chypre, Malte, la Slovaquie, la Grèce, l'Italie et le Portugal. Les quatre premiers sont en outre davantage exposés par la structure de leurs échanges commerciaux. Enfin la dépréciation du dollar vis-à-vis de l’euro aurait accentué des tendances déjà à l’oeuvre dans certains pays, en éloignant en particulier les taux de change effectifs réels de leurs fondamentaux économiques (Grèce, Portugal, Espagne).

Pour corriger leurs mésalignements de change, ces pays pourraient être tentés d'accentuer leurs politiques de désinflation compétitive aux dépens de la coordination des politiques économiques au sein de la zone euro.

Baisse du dollar : tous perdants au sein de la zone euro ?
CEPII, Cécile Couharde, Anne-Laure Delatte, Carl Grekou, Valérie Mignon, Florian Morvillier, Lettre du CEPII N°381, novembre 2017

A lire également : Comment expliquer le niveau élevé de l'excédent courant allemand ? Direction générale du Trésor, Trésor-Eco N°209, novembre 2017

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