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Les entreprises françaises "résolument optimistes" pour 2018 malgré des craintes sur leurs capacités de production (INSEE)

Note de conjoncture de l’Insee, décembre 2018

20/12/2017

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee se montre optimiste : la croissance française devrait "garder la cadence" en 2018. Du côté des entreprises, l’investissement progresse, l’endettement serait moins inquiétant qu’il le paraît et le taux de marge se redresse. Avec un bémol : de plus en plus d’entreprises françaises se disent freinées par des problèmes de capacité de production.

L’Insee a revu à la hausse sa prévision de croissance à 1,9% en 2017 et estime que l’économie française devrait « garder la cadence » début 2018. La France profite d’une conjoncture internationale favorable, mais est aussi "tirée par la demande intérieure" : l’investissement des entreprises notamment devrait progresser d'au moins 4% par an, d’autant que le climat des affaires a atteint son point le plus haut depuis 2008.

• L’Insee ne s'inquiète pas outre mesure de la hausse de l'endettement des entreprises françaises.

Cette hausse a été beaucoup plus marquée que dans les autres pays européens depuis 2009 (+16 points de PIB). En 2016, la dette des entreprises a ainsi atteint en France 90% du PIB, contre 45% en Allemagne. Mais selon l’Insee, le profil d'endettement des entreprises depuis 2009 semble traduire un investissement plus dynamique en France que dans les autres principaux pays européens. Surtout, il s'est accompagné d'une forte hausse des détentions de liquidités. Ce phénomène, spécifique à la France, proviendrait majoritairement des mêmes entreprises (plutôt les grandes), qui s'endettent et accumulent conjointement des liquidités. Net des liquidités et plus largement des actifs détenus, le taux d'endettement des entreprises françaises apparaît ainsi relativement contenu selon l’Insee.

• Le taux de marge des entreprises s'équilibrerait à un niveau plus bas qu'avant-crise.

Globalement stable de 1987 à 2007 autour de 32,7%, le taux de marge des entreprises françaises a chuté durant la crise de 2009 puis en 2012-2013. Il s'est relevé depuis et fluctue autour de 31,6% depuis début 2016. Cet affaissement est uniquement dû au secteur des services. Dans l'industrie, le taux de marge a atteint en 2016 un niveau inédit depuis plus de 30 ans, du fait des baisses des prélèvements sur les entreprises et de l'amélioration des termes de l'échange liée à la baisse récente du prix du pétrole.

• Enfin, l'Insee souligne que de plus en plus d’entreprises craignent d’avoir du mal à répondre à la demande et se disent freinées par des problèmes de capacité de production.

Les contraintes sur l’offre (manque de personnel, équipement insuffisant, soucis d'approvisionnement…) dépassent les difficultés de demande depuis l’été 2017 dans les enquêtes de conjoncture. Dans l’industrie, les tensions sur l’appareil de production s’accentuent. Dans tous les secteurs, les difficultés de recrutement s’accroissent depuis 2016 et reviennent à leur niveau de 2007, sauf dans le bâtiment. Le manque de main-d'oeuvre se fait aussi sentir dans d'autres pays européens, particulièrement au sein des entreprises industrielles allemandes.

La France garde la cadence
Note de conjoncture, INSEE, décembre 2017

Voir également :

Etat des lieux de l'endettement des agents privés non financiers
Haut Conseil de Stabilité Financière, décembre 2017
Le HCSF fait état d’une augmentation régulière et rapide de l’endettement des sociétés non financières françaises depuis 2005. Cette évolution, soutenue par la faiblesse des taux, ne se retrouve pas dans les autre pays européens et est d’abord le fait des grandes entreprises. Le HCSF envisage l’adoption d’une mesure permettant de limiter les expositions des banques systémiques sur les grandes entreprises résidentes les plus endettées à un niveau de 5% de leurs fonds propres dans un premier temps, et de saisir les autorités européennes.

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